Covid-19

Dépistage de la COVID-19 : Une équipe du Département à la chasse au virus

Joye, malinois de 7 ans et Didier Roisse, officier expert cynotechnique forment un duo de choc. L’équipe rattachée au Service Départemental d’Incendie et de Secours de l’Oise participe, depuis mai 2020, à des recherches autour du développement et à la mise en place opérationnelle d’une technique de dépistage de la COVID-19.

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Qu’on ne se méprenne pas, derrière la petite Joye de 7 ans qui gambade avec insouciance pendant sa pause, se cache un sapeur-pompier professionnel au flaire redoutable quand il s’agit de recherche de personnes ensevelies, immergées ou égarées mais aussi de produits inflammables bruts et brûlés.

Du rêve d'enfant à l'expertise

Son maître-(chien), Didier ROISSE, qui rêvait enfant d’être pompier en regardant les manoeuvres devant la caserne de Hodenc-en-Bray, est désormais officier expert cynotechnique et une référence dans le domaine de la formation en Recherche de Produits Accélérateurs d’Incendie (RPAI), une spécialité rarissime en France. En un an, il a formé Joye à détecter 15 produits différents et contribué ainsi à de nombreuses expertises y compris dans des affaires criminelles. Et, depuis mai 2020, les exceptionnelles aptitudes olfactives de Joye ont conduit le duo à participer à des recherches puis à la mise en place opérationnelle de dépistage... de la COVID-19.

Trouver le virus avec la truffe

Sous l’impulsion du Contrôleur général Luc Corack et du Colonel vétérinaire Chef Nicolas Dirn, Didier Roisse et Joye ont en effet rejoint, dès le début de la crise sanitaire, le projet NOSAIS pour la recherche biologique cynotechnique COVID-19 basée à l’école vétérinaire de Maisons-Alfort où il est désormais formateur.

Après une première phase de recherche, puis une phase d’expérimentation qui donne 95% de résultats concordants avec les tests PCR, je me rends désormais deux fois par semaine pour la formation et les entrainements.
Didier Roisse, Officier expert cynotechnique

Un entrainement régulier et rigoureux

"Il faut un entrainement strict, rigoureux et régulier parce que le virus mute beaucoup et demande une adaptation régulière des chiens." Pour trouver le virus, les prélèvements sont réalisés avec des compresses sous les aisselles puis placés dans des cônes spécifiques. "Si le virus est présent, le chien marque. Nous savons également que le chien peut dépister d’autres maladies comme certains cancers..." Il s’agit d’une véritable révolution qui peut facilement s’appliquer dans le cadre de dépistages rapides, massifs et mobiles. "Alors que je devrais être en retraite, j’ai décidé de poursuivre un peu en tant que pompier volontaire avec Joye, car j’ai la passion de me rendre utile et la passion de mon métier."

Des liens uniques

D’autant que de tous ses binômes canins, c’est avec Joye que Didier Roisse a noué les liens les plus particuliers. "C’est une chienne que j’ai eu à l’âge de sept mois et qui avait déjà un passé avec ses anciens propriétaires. Joye a mis beaucoup de temps à nous faire confiance, explique le sapeur-pompier. Aujourd’hui, elle réagit différemment des autres chiens que j’ai eu comme si elle se rappelait d’où elle vient. Je pense qu’elle me témoigne une forme de reconnaissance en me donnant le meilleur d’elle-même."