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Parc Jean-Jacques Rousseau - Ermenonville

Les amateurs d’histoire apprécieront

Aménagés par le marquis René-Louis de Girardin entre 1763 et 1778, les jardins d’Ermenonville ont été d’une conception complètement novatrice pour leur époque.

La conception du parc rompt radicalement avec la symétrie des jardins à la Française conçus notamment par André Le Nôtre (châteaux de Versailles, Vaux-le-Vicomte ou encore Chantilly…). Fabriques de jardins, poèmes, citations gravées soutiennent la composition du paysage tout en incitant à la méditation. Pour les aristocrates éclairés du siècle des Lumières, le jardin est un lieu d’agrément et de déambulation qui doit être propice à la pensée. Ainsi un « Temple de la philosophie moderne », où le nom de Rousseau figure aux côtés de Newton, Voltaire ou encore W. Penn, illustre cette ambition de rencontre entre nature et culture.
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) découvre les jardins d’Ermenonville en mai 1778, où le marquis – adepte de ses livres et de sa pensée – l’a invité à séjourner. Le philosophe s’enthousiasme immédiatement pour ces jardins qui font échos à ses écrits. Dans La Nouvelle Héloïse (IVe partie, lettre XI, A Milord Édouard), il décrit ainsi le Verger de Clarens : jardin idyllique, où tout semble si naturel qu’on y décèle à peine l’intervention humaine.

Le philosophe vit les derniers moments de sa vie sur le domaine du marquis et y est inhumé avant que la Convention ne décide du transfert de ses cendres au Panthéon en 1794. Le souvenir qu’il a laissé aux lieux a été si marquant que le parc prend son nom. Son cénotaphe qui occupe l’Ile des peupliers, est conçu sur le modèle d’un tombeau antique. Il comporte des bas-reliefs réalisés par le sculpteur Jacques-Philippe Lesueur évoquant le traité éducatif l’Emile ainsi que des figures allégoriques de la nature et de la vérité, de la musique et de l’éloquence.

Délaissé pendant plusieurs décennies, le parc a progressivement perdu sa forme d’origine. Depuis 2004, le Conseil général de l’Oise s’investit pleinement pour redonner vie et réhabiliter ce haut lieu du patrimoine Isarien qui célèbre la rencontre de la nature, des arts et de la philosophie. En 2012 l’obtention du label Centre culturel de rencontre attribué par le Ministère de la culture a concrétisé l’ambition du Département de faire de ce site un lieu de référence en matière culturelle et artistique.

Le saviez-vous ?

Rousseau, à qui on attribue la paternité de la Révolution française, malgré le transfert en grandes pompes de ses cendres au Panthéon (1794), a suscité un tel culte que l’Île des peupliers a été un véritable lieu de pèlerinage attirant de nombreuses personnalités, parmi les plus illustres la reine Marie-Antoinette (1780) ou encore le consul Bonaparte (1800).

Les secrets cachés

Depuis la création des jardins d’Ermenonville, la grotte des Naïades théâtralise l’entrée dans les jardins. On pénètre dans un lieu sombre et souterrain avant de gravir des escaliers abrupts qui conduisent vers la lumière. Ce parcours symbolise les efforts nécessaires pour passer de l’obscurité de l’ignorance aux lumières de la connaissance. Sorti de la grotte, le regard du visiteur est saisi par le panorama sur le lac, l’Île des Peupliers au lointain et le Temple de la philosophie moderne perché sur un coteau. L’ensemble n’est pas sans rappeler l’œuvre de Claude Lorrain, peintre du XVIIe siècle dont les vues paysagères baignées de lumière ont inspiré l’aménagement des jardins pittoresques anglais du XVIIIe siècle, au même titre que le grand dessein du marquis de Girardin à Ermenonville.