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Forêt d’Ermenonville

Les amateurs d’histoire apprécieront

Le marquis René de Girardin (1735-1808) embrassa la carrière des armes mais son goût pour les études fut souvent plus fort que celui de la pratique martiale. À la cour de Nancy, le marquis s’imprégna de l’Esprit des Lumières, déçu toutefois par l’accueil défavorable qu’y reçurent les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau.

Il hérita du domaine d’Ermenonville de son grand-père maternel et s’y installa en 1762. Pendant une douzaine d’années, le marquis n’aura de cesse de transformer le fond de vallée marécageux de la Launette en un magnifique jardin « à l’anglaise » qu’il préféra qualifier de « Jardin philosophique » où l’influence de Rousseau est omniprésente. Comme le marquis alliait à ses talents de paysagiste ceux de musicien, il prétexta une commande de copie de musique pour se rendre auprès de Jean-Jacques Rousseau rue Plâtrière, à Paris. C’est à l’aide de Lebègue de Presles, médecin de Marie-Thérèse Levasseur qu’il réussit à persuader le philosophe de Genève à venir résider en son domaine d’Ermenonville.

 

Le 20 mai 1778, l’écrivain bientôt rejoint par son épouse Marie-Thérèse Levasseur, s’installait dans un pavillon isolé édifié à l’entrée du château. Durant les six semaines où il vécut à Ermenonville, le philosophe partagea son temps entre la musique et la botanique.

Le saviez-vous ?

Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, naît à Paris en 1808. Il est mis en nourrice à Loisy, entre Ermenonville et Mortefontaine, région d’origine de sa mère où il empruntera son nom à un "clos Nerval".

Gérard de Nerval compose dans l’Oise ses plus grandes œuvres comme Les Filles du feu, ou Promenades et souvenirs dont il disait qu’elles se feraient selon le plan des promenades solitaires de Jean-Jacques Rousseau. Il ajoutait : « Je terminerai dans l’endroit même où j’ai été élevé. ».  Rousseau devenait alors un personnage de Gérard de Nerval.

 

La forêt d’Ermenonville se distingue par la présence de pin sylvestre sur presque la moitié de sa surface ainsi que de sable donnant une impression d’aridité. La Merde Sable, située face à l’Abbaye de Chaalis en est une belle illustration.

 

Plusieurs cours d’eau englobent la forêt, alimentant de nombreux étangs et marais. La présence de l’osmonde royale, fougère protégée en Picardie, témoigne de l’importance de ces milieux humides.

 

L’existence au sein du massif de landes sèches lui vaut d’être rattaché au réseau européen Natura 2000. Ainsi en tant que composante du massif des trois forêts, la forêt d’Ermenonville est concernée par une Zone de Protection Spéciale (ZPS) au titre de ses espèces d’oiseaux d’intérêt communautaire comme l’engoulevent d’Europe, et par une Zone Spéciale de Conservation (ZSC), au titre de la variété de ses habitats et de l’importance de nombreuses espèces faunistiques et floristiques.

 

Au niveau national, la forêt d’Ermenonville est un site classé depuis 1998, couvert par 3 Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Le département de l’Oise a également délimité 12 Espaces Naturels Sensibles (ENS) en son sein.

Les secrets cachés

Les vieux arbres de gros diamètre (>50cm) comme le Bénitier Saint-Hubert, ainsi que le bois mort, jouent un rôle fondamental dans nos forêts car ils représentent un maillon essentiel de l’écosystème forestier. Le bois mort a de nombreux intérêts : il alimente constamment le sol de substances nutritives, améliorant la fertilité, facilite une régénération naturelle des essences, accélère le recyclage de la matière organique grâce aux insectes et aux champignons et offre des abris à de nombreuses espèces telles que les oiseaux, les rongeurs et les chauves-souris, le plus souvent prédatrices des insectes décomposeurs.