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Beauvais

Les amateurs d’histoire apprécieront

Beauvais, préfecture de l’Oise, ville d’art et d’histoire, plonge ses racines loin dans l’Antiquité. Fondée après la conquête romaine au Ier siècle de notre ère au cœur du territoire des Bellovaques, la ville prend le nom de Caesaromagus, le marché de César.

Entourée de remparts au début du IVème siècle pour se protéger des invasions barbares, la ville qui deviendra Beauvais reste un carrefour stratégique politique et commercial. Au début du XIème siècle, l'évêque devient comte, cumulant ainsi les pouvoirs temporels et spirituels, pouvoirs qu'il devra partager avec les chanoines et la Commune jusqu’à la Révolution française de 1789.

A l'époque médiévale, Beauvais prospère grâce à son industrie textile et voit de prestigieux monuments s’élever, symboles de sa richesse. La cathédrale Saint-Pierre dont les travaux débutent en 1225, le palais épiscopal (qui abrite aujourd'hui les riches collections du MUDO-Musée de l’Oise), la collégiale Saint-Barthélemy, l’église Saint-Etienne, la Maladrerie Saint-Lazare, la tour Boileau sont autant de témoins de cette période d'apogée. En 1664, une Manufacture royale de tapisseries est créée à l'initiative de Colbert, contrôleur général des finances de Louis XIV. Cet établissement atteint son apogée au XVIIIe siècle sous la direction du peintre Jean-Baptiste Oudry, diffusant les tapisseries de Beauvais dans toute l'Europe. Beauvais se pare alors d'un nouvel Hôtel de Ville à la mesure de la renommée de cet art.

Tandis que Beauvais s'est refermée sur elle-même au cours du XIXe siècle, la ville connaît un tournant sans précédent au XXe siècle. En juin 1940, Beauvais est bombardée par l'aviation allemande provoquant un gigantesque incendie qui détruit 80 % du centre-ville actuel. Un plan de reconstruction et d'aménagement de la ville est alors mis en place. Ce grand chantier dure une trentaine d'année, et multiplia la superficie de la ville par 40.

Le saviez-vous ?

Chef d'œuvre de l'art gothique, la cathédrale de Beauvais est vertigineuse. Avec une hauteur sous voûte de 48 mètres, elle bat tous les records de hauteur. Exceptionnelle à plusieurs titres, elle a aussi la particularité d'être double. En 1225, quand l'évêque Milon de Nanteuil décide de reconstruire son église, les maîtres-maçons commencent à démanteler la cathédrale primitive au fur et à mesure de l'avancée des travaux. Toutefois, de nombreux aléas ayant laissé l'église gothique inachevée, une partie de la cathédrale de l'an Mil, Notre-Dame de la Basse-Oeuvre, a été conservée transmettant un rare exemple en Europe de cathédrale de cette époque.  

La fin de la Guerre de Cent ans est connue pour l’épopée de Jeanne d’Arc. Beauvais a eu aussi son héroïne : Jeanne Laisné dite Jeanne Hachette. En juin 1472, elle saisit l'étendard d’un assaillant bourguignon mené par Charles le Téméraire qui assiégeait la ville. Par cet acte de bravoure, elle redonna courage aux habitants qui repoussèrent l'ennemi. Il n’en fallait pas moins pour célébrer chaque année par un week-end de festivités cet épisode marquant de l’histoire beauvaisienne.

Les secrets cachés

Au fil des rues, la ville est parsemée de petites salamandres représentées en relief sur des clous en laiton. Emblème de Beauvais, cet animal mythique a la capacité de renaître de ses cendres, comme Beauvais qui, plusieurs fois, a été détruite par les guerres. La salamandre se retrouve sur le patrimoine beauvaisien comme sur les portes de la cathédrale ; elle représente alors le roi François Ier qui a participé au financement de ce monument. Elle a également été assimilée malencontreusement aux caméléons présents sur la façade de la maison Gréber.