je recherche (par mots clés)

Abbaye royale du Moncel

Les amateurs d’histoire apprécieront

L’Abbaye royale du Moncel est un monument unique dans l’Oise par la remarquable conservation de ses bâtiments conventuels. Fondée en 1309, à l’initiative du roi Philippe le Bel à proximité de son château de Fécamp, l’abbaye est placée sous la règle de Sainte-Claire, l’amie de Saint-François d’Assise.

Si le chantier de construction est peu documenté, on sait de source sûre que l’église abbatiale fut consacrée en 1337.

Déjà peu épargnée par les désordres de la Guerre de Cent ans, l’abbaye est victime en 1525 d’un incendie qui détériore l’église abbatiale ainsi qu’une partie des bâtiments conventuels. En 1591, durant les guerres de religion et après l’assassinat du duc de Guise et la formation de la Ligue, l’abbaye est pillée et les religieuses contraintes de se sauver à Compiègne. En 1709, le roi Louis XIV fait don à l’abbaye, du château du Moncel et de ses dépendances, accroissant les ressources du monastère. Un grand mur d’enceinte est construit autour de la propriété monastique.

En 1792, les dernières religieuses sont chassées et l’abbaye mise en vente. Finalement, les bâtiments sont reconvertis pour accueillir un hôpital militaire mais l’église abbatiale disparait sous la pioche des démolisseurs en 1795. Seuls subsistent les bâtiments conventuels vendus à un marchand de vin.

En 1923 l’évêché de Beauvais en devient propriétaire et y installe un petit séminaire. Transformé en camp de prisonnier par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, le site redevient un collège religieux à la libération et jusqu’en 1982. Depuis 1984, l’Abbaye du Moncel a été confiée aux bons soins du Club du Vieux Manoir qui en assure la restauration et l’animation culturelle tout au long de l’année.

Le saviez-vous ?

En plein conflit entre le royaume de France et l’Empire de Charles Quint, l’abbaye accueille des reines venues préparer un traité de paix, signé à Cambrai en 1529 et connu sous le nom de Paix des Dames.

De la cour de l’ancien cloître dont il ne reste qu’une aile restaurée après l’incendie de 1525, les visiteurs pourront se faire une idée de l’importance des constructions servant à la vie des religieuses. Au nombre de 12 au début de la fondation, on apprend dans les actes d’un procès de 1549 qu’elles étaient 79 à cette date, secondées par dix servantes, dix serviteurs et quatre frères pour le service religieux.

Les secrets cachés

Les celliers de l’abbaye couvrent une superficie de 2000 m2. Les voûtes sont selon les bâtiments, en berceau ou en croisée d’ogives. De nos jours les espaces sont loués pour des banquets ou des séminaires.

A l’étage, les dortoirs, dont les charpentes sont construites en chêne de la forêt d’Halatte, constituent le témoin le plus important de cette époque, conservé en France et en Europe. L’aile ouest présente une nette différence de taille des bois et des assemblages de fermes de la charpente, témoignant des restaurations entreprises après l’incendie de 1525.