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Abbaye royale de Chaalis

Les amateurs d’histoire apprécieront

C’est à l’emplacement d’un prieuré créé en 1100 par le sieur de Mello que le roi de France, Louis VI le Gros, décide en 1137 la fondation d’une abbaye placée sous la filiation de l’abbaye cistercienne de Pontigny (Yonne). Le roi avait voulu, par cet acte fort, commémorer la mémoire de son cousin Charles le Bon, comte de Flandre, tué au cours d’une révolte de ses châtelains.

Richement dotée, à la tête de nombreuses terres, possédant force, granges et moulins, l’abbaye de Chaalis a les moyens de faire élever rapidement une église de grande dimension. Le vaste édifice dont les visiteurs d’aujourd’hui peuvent admirer les ruines est consacré en 1219. Pourvue d’un transept aux croisillons arrondis rappelant ceux de la cathédrale de Noyon, l’église abbatiale ne mesure pas moins de 90 mètres de long sur 46 mètres de large au transept. Au XIIIe siècle est élevée dans le style de la Sainte-Chapelle du Palais de la Cité à Paris, celle de Sainte-Marie, parfaite expression du gothique rayonnant où les vides triomphent sur les pleins. On sait que le roi Saint-Louis séjourna à plusieurs reprises à Chaalis, partageant la vie des moines.

 

À la Renaissance, l’abbaye passe sous le régime de la commende. En 1541, elle est offerte par François 1er à Hippolyte d’Este qui fait venir à Chaalis des artistes italiens, ainsi Primatrice décore à fresque le revers de la façade et les voûtains de la chapelle Sainte-Marie.

Dans la première partie du  XVIIIe siècle, l’heure est à la reconstruction des grandes abbayes.  Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, abbé commendataire de Chaalis, engage de vastes travaux de reconstruction des bâtiments conventuels. Les plans réalisés par Jean Aubert, l’architecte des Grandes Ecuries de Chantilly n’aboutissent au final qu’à la construction du logis abbatial septentrional.

 

Le domaine de Chaalis est vendu comme bien national en 1793. Le vieux cloître et l’église abbatiale sont démontés. En 1850 le domaine est acheté par Madame de Vatry puis en 1902 par Nélie Jacquemart, veuve du riche banquier Edouard André. Elle aménage le logis abbatial et y installe des collections d’œuvres d’art qu’elle a réunies au cours de sa vie. À sa mort, elle lègue le site et ses collections à l’Institut de France.

Le saviez-vous ?

Proche du roi de France, François Ier, Hyppolite d’Este a marqué Chaalis de l’empreinte artistique italienne. Il obtint notamment de l’architecte Serlio, le dessin du mur crénelé qui clôt actuellement à l’est la magnifique roseraie de l’abbaye.

La mémoire de Jean-Jacques Rousseau est également honorée à Chaalis. C’est en 1924, que l’Institut de France achète au descendant du marquis René-Louis de Girardin la collection sur le philosophe. Un « Espace Rousseau » a récemment été aménagé pour offrir une découverte passionnante de ce grand penseur du siècle des Lumières.

Les secrets cachés

Collection éclectique mais de haute qualité du musée Jacquemart-André dans l’ancien logis abbatial (peintures, sculptures, mobilier, objets d’art).

Toile attribuée à Jean-Baptiste Greuze : le marquis de Girardin, cocarde tricolore au côté, pose devant le buste de Jean-Jacques Rousseau sculpté par Jean-Antoine Houdon : une parfaite illustration du lien étroit entretenu par le marquis avec les idées de Rousseau et les idéaux qui marquèrent les débuts de la Révolution de 1789.