L'Oise
L'histoire de l'Oise
Un passé riche et fertile en évènements
L'Oise a un passé très riche et fertile en événements. Sa position géographique en a fait un centre névralgique et incontournable de l'histoire de notre pays. Tout au long de la constitution de notre nation, elle fut le théâtre d'événements significatifs, étroitement liés à l'histoire nationale. Elle a d'ailleurs fait figure, tout au long des époques, du dernier bastion à conquérir avant Paris.
L'Oise, carrefour stratégique dès la préhistoire, offrait aux chasseurs, à travers ses paysages de forêts et de marécages, les grands troupeaux de rennes qui y transitaient pendant leur migration, qui se révélèrent vitaux comme moyen de subsistance pour les premiers hommes.
On relève très tôt les premiers balbutiements du département. On a en effet pu dater des traces humaines certaines et de nombreux articles en silex relevant de l'âge de pierre. Le nombre de ces traces font d'ailleurs du département de l'Oise un des plus riches et entreprenants en matière d'archéologie.
L'Oise a ensuite traversé l'âge de bronze puis de cuivre.
Des ruines gallo-romaines

Après avoir connu la domination des Celtes, la terre isarienne abritera, vers le IIe siècle, les villes des guerriers Belges, qui figurèrent comme un des peuples les plus vaillants de la Gaule en butte aux conquêtes romaines. A l'emplacement de Beauvais, ils établiront leur capitale. De nombreuses tribus gauloises, déjà solidement installées, donneront d'ailleurs bien du mal aux légions de Rome. Les Bellovaques donc dans ce qui deviendra le Beauvaisis, mais également les Silvanectes dans le pré-Valois, les Veromanduens autour de Noyon, les Suessiones dans les futurs Compiègnois et Soissonais et les Véliocasses dans le Vexin. César devra lui-même venir mettre au pas Correus, le chef Bellovaque. Celui-ci est devenu le premier personnage historique de l'Oise, résistant au joug romain après ses hauts faits lors de la bataille de Gergovie puis d'Alésia, en 52 avant J.C.
Soumise enfin à la Pax Romana, l'Oise apprendra beaucoup de l'occupant. Des cités organisées vont prendre forme. Caesaromanus (Beauvais), Augustomagus (Senlis), et Noviomagus (Noyon) deviennent ainsi des capitales gallo-romaines. Le département devient un carrefour stratégique de communication romain. Les larges voies pavées ne tardent pas à remplacer les petits chemins de terre pour faciliter l'acheminement des richesses, des marchandises vers l'Italie et le déplacement rapide des légions. C'est également le début d'une agriculture organisée qui ne fera que croître avec les années pour occuper les deux tiers de l'étendue du département. Vers le IIIe siècle, les signes avant-coureurs du déclin de l'Empire romain apparaissent.
Le temps des barbares

- Hugues Capet
L'Oise subira de violentes incursions barbares alors que la percée du Christianisme lui apporte son premier saint, Saint Lucien, qui sera exécuté par les romains. Saint Lucien ouvrira la voie à bien d'autres martyrs, tout au long de l'évangélisation. L'Oise connaîtra ensuite la présence des Francs. Clovis, qui deviendra le seul roi barbare catholique de Gaule, au fil de ses conquêtes, s'empare de Soissons dans l'Aisne en 486 et de Beauvais – qui verra peu après les hordes d'Attila déferler sur tout le Beauvaisis - pour finir par occuper l'entière vallée de l'Oise avec Senlis et Compiègne.
Dès lors, les rois mérovingiens et carolingiens trouveront en l'Oise une région privilégiée pour poser ou reposer leurs pas : Charlemagne, par exemple, suivra les traces de son père, Pépin le Bref, et sera couronné à Noyon roi d'Austrasie, ou encore Charles le Chauve qui proclamera Compiègne capitale royale. Il aura par ailleurs fort à faire avec les invasions des farouches Normands qui ravageront la région d'ouest en est, jusqu'à Creil et Choisy au Bac. En 987, Louis V, le dernier roi mérovingien, meurt non loin de Senlis, et c'est Hugues Capet qui lui succède. Élu à Senlis et couronné à Noyon, Hugues Capet ouvrira la voie en créant - fait sans précédent - la dynastie royale des capétiens, dont la lignée ne s'éteindra qu'aux heures de la Révolution.
L'Oise médiévale

- Jeanne d'Arc attachée sur le bûcher
Au moyen-âge, l'Oise évolue sous l'influence grandissante et toujours plus forte du Clergé. De nombreuses abbayes sont construites dans la région. Dans les trois évêchés de Beauvais, Senlis et Noyon s'exerce le pouvoir, et le comte-évêque de Beauvais devient bientôt le deuxième personnage du royaume. La construction de la cathédrale de Noyon, à la fin du XIIème siècle, révèle l'art Gothique tandis que Senlis puis Beauvais érigent, elles aussi, leur cathédrale, Notre-Dame et Saint Pierre, deux des plus grands chefs d'œuvre du patrimoine architectural. A la même époque, le roi, sous la pression des seigneurs et des bourgeois, leur accorde des chartes communales donnant ainsi naissance aux premiers conseils municipaux.
Les premiers maires sont par conséquent nommés mais resteront sous l'égide étroite des évêques. Noyon reçoit sa charte en 1108, Compiègne en 1116, Beauvais en 1122. Suivront Senlis et Chambly en 1173, Creil en 1197 et Crépy en Valois en 1215.
Alors prospère, l'Oise va mériter le titre de rempart de Paris. Edouard III d'Angleterre démarre la guerre de Cent Ans et, après sa victoire de Crécy, ses troupes déferleront sur la région. L'occupation anglaise n'amènera que famine et peste noire. En 1358, débute la Jacquerie, révolte des paysans qui sera très durement réprimés par les seigneurs. L'Oise en fera les frais, mais cette sombre période verra tout de même l'apparition d'autres héros populaires. Un paysan tout d'abord, nommé Le Grand Ferré, qui combat les Anglais avec bravoure. Jeanne D'Arc ensuite, en 1430, qui sera capturée par les troupes de Philippe le Bon, duc de Bourgogne et condamnée au bûcher par l'évêque de Beauvais, Pierre Cauchon, fidèle au roi d'Angleterre. Une deuxième Jeanne, Jeanne Hachette enfin, dont le courage inébranlable sur les remparts de Beauvais, sauve la ville du siège de Charles le Téméraire et de ses bourguignons. Louis XI lui rendra hommage en 1473.
Des lumières à l'empire

- Louis XIV et sa cour
Le règne stable du roi Soleil récompensera l'Oise de ses mérites. Elle connaît alors une période opulente et fastueuse perpétuée durant les règnes suivants, ceux de Louis XV et Louis XVI. De grands noms de l'histoire s'y donnent rendez-vous : Molière, La Bruyère, La Fontaine, Racine, Jean-Jacques Rousseau, venu vivre au château d'Ermenonville, et d'autres encore. Plus tard, les remous de la Révolution de 1789 frappent la région. De nombreuses propriétés seigneuriales sont mises à sac et démembrées. En 1790, l'Oise devient officiellement un département. Le conseil général siège en alternance à Compiègne et à Beauvais avant de s'établir finalement dans cette dernière. Napoléon Ier reconduira l'habitude de ses prédécesseurs. Il amènera avec lui le faste du Ier Empire en accueillant, au château de Compiègne, Marie Louise d'Autriche, future impératrice. Napoléon III en fera sa résidence d'été et Louis XVIII s'y établira après son exil anglais.
Les heures noires de la guerre

- Signature de l'armistice de 1940
L'Oise n’en a pas fini avec les aléas de l'histoire. En 1870, Paris est occupée par les armées austro-prussiens. Gambetta, ministre de l'intérieur, s'en échappe en ballon et atterrit... sur un chêne oisien, à Épineuse. Il sera aidé par les élus locaux et pourra gagner Amiens sans encombres. La guerre de 1914-1918 provoque une nouvelle occupation au deux tiers, avant que Joffre ne lance son offensive pour faire reculer le front. Cette contre-attaque déterminante, celle des fameux taxis de la Marne qui permettra de repousser l'envahisseur, sera orchestrée à Nanteuil le Haudoin. Le 3 avril 1918, Foch qui, avec Joffre, Pétain et Nivelle, a fait du département son quartier général, reçoit à Beauvais le commandement suprême des alliés, avec les représentants des gouvernements Clémenceau, Lloyd George et Bliss (respectivement pour la France, l'Angleterre et les États-Unis) et les commandants de leurs armées, Pétain, Haig et Pershing. Point culminant de cette époque et de l'histoire oisienne : le 11 novembre 1918 où, dans la forêt de Compiègne, se rencontrent les représentants allemands et Joffre à bord du wagon-bureau de celui-ci. Ils y signeront l'Armistice.
La 2e guerre mondiale
Lors de la deuxième guerre mondiale, Beauvais sera rasée par l'aviation allemande, et servira ensuite, bien contre son gré, de base de lancement des V1 et des V2 qui s'abattent sur l'Angleterre. Hitler, revanchard, imposera la signature de "son" armistice à Compiègne, encore, et le wagon de Foch sera expédié en Allemagne pour y être brûlé. Il sera heureusement reconstruit pour présider de nouveau comme le coeur-témoin de l'armistice dans la forêt de Rethondes. Le destin de l'Oise, on le voit, est étroitement lié à celui de la France. Elle a de tous temps, en tant que territoire-clé, subi de nombreux affrontements et de vastes influences. Terre de caractère aux diverses facettes, plusieurs fois ravagée et reconstruite, l'Oise a toujours su tirer parti des événements et se renouveler pour grandir.

- L'appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle







